Relations culturelles bilatérales
Au cours du temps
Les relations culturelles entre l’Allemagne et le Royaume du Maroc remontent très loin dans l’histoire et il serait chose difficile, voire impossible, d’en préciser les débuts. Le Maroc fut mentionné dans la littérature allemande pour la première fois dans le Nibelungen Lied, le chant des Nibelungen, cette saga historique du 12è siècle, où l’auteur anonyme parle de ce royaume mystérieux et merveilleux où tout est parfum et soie…
Aujourd’hui
L’Accord culturel bilatéral, en vigueur depuis le mois de décembre 1989 constitue la base juridique des relations culturelles bilatérales. Il définit les domaines de la coopération culturelle, notamment la volonté d’améliorer la connaissance mutuelle, de créer des institutions maroco-allemandes dans le domaine de la culture, d’encourager l’échange de scientifiques, de formateurs, d’étudiants, d’artistes, de permettre une meilleure connaissance des arts, de la littérature et autres. Les dispositions de cet accord sont riches et variées et des projets concrets sont coordonnés et mis en œuvre par une commission culturelle mixte maroco-allemande.
Les acteurs
Les
Instituts Goethe de Rabat et Casablanca
constituent, par le biais de programmes culturels et de l’enseignement de la langue allemande, le plus important pilier de la coopération culturelle allemande. En collaboration avec les administrations marocaines compétentes, ces deux instituts soutiennent également l’enseignement de la langue allemande dans les établissements scolaires marocains. A Tanger,l'Association Germano-Marocaine du Nord (DMG-Nord), en collaboration avec l’Institut Goethe, tient lieu de centre culturel. A Marrakech, un espace de dialogue "Dialogpunkt Deutsch" a été inauguré au sein du "Zentrum für die Deutsche Sprache". Ainsi, l’Allemagne met à disposition quatre lieux de rencontre pour toutes les personnes intéressées par la langue et la culture allemandes. La langue et la littérature allemandes sont également au programme dans l’enseignement supérieur. Des départements d’allemand existent au sein des universités de Casablanca, Rabat et Fès ainsi qu’à l’École Supérieure de Traduction de Tanger. Actuellement, une lectrice allemande, détachée de
l’Office Allemand d’Échanges Universitaires (DAAD)
, enseigne au Maroc à la Faculté des Lettres de l’Université Mohamed V Rabat-Agdal. Elle anime, en outre, régulièrement des séances d’informations sur les études supérieures en Allemagne. Le DAAD est par ailleurs chargé de l’échange d’étudiants et de chercheurs ainsi que de l’octroi de bourses pour les formations postgraduées. Par ailleurs, les
fondations allemandes
présentes au Maroc ainsi que l’Association Maroco-Allemande interviennent dans les domaines relevants de la politique sociale et culturelle.
Deux projets bilatéraux vus de près
Outre la présence d’institutions culturelles, de nombreux projets individuels bénéficient du savoir-faire et du soutien financier allemands, tels les fouilles dans le Rif Oriental et sur l'île Mogador près d'Essaouira menées par
l’Institut Archéologique Allemand DAI (Deutsches Archäologisches Institut)
en coopération avec l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine au Maroc (INSAP). Ces fouilles ont abouti à de remarquables résultats, dont la découverte d’outils en silex, en os et des restes humains datant de la civilisation ibéromaurisienne.
Il convient également de signaler le soutien apporté par l’Allemagne au projet de restauration de la collection d’anciens manuscrits arabes appartenant à la Bibliothèque Générale de Rabat. Plus de 30000 écrits, uniques en leur genre, tant par leur qualité que par leur valeur scientifique, constituent un patrimoine culturel inestimable. En raison de l’état de certains manuscrits, la Bibliothèque de Göttingen, spécialiste des manuscrits arabes, a proposé ses services pour l’évaluation des ces manuscrits. La coopération entre les deux bibliothèques a débuté en 1987. Financé par le Ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, ce partenariat comprenait la restauration des manuscrits, la saisie des données sur microfilms puis l’inventaire à l’aide d’un programme informatique spécial. Sur les 30000 manuscrits existants, 12000 ont été saisis. Cette collection représente, au delà du Maroc, un intérêt particulier pour tous les orientalistes. La coopération dans ce domaine englobe désormais la prestigieuse Université Qarawiyyne de Fès.